Trop de Français versent "à l'intuition" sur leur PER. Le résultat : soit ils saturent leur trésorerie, soit ils laissent de l'économie d'impôt sur la table. Le bon montant se calcule, en quelques minutes, à partir de trois variables : votre plafond disponible, votre TMI et votre épargne de précaution.
1. Calculer votre plafond PER 2026 réellement disponible
Le plafond PER affiché sur votre avis d'imposition n'est pas votre plafond réel. Il faut en retirer ce que vous avez déjà versé sur d'autres dispositifs : PERCO, abondement employeur, ancien Madelin, article 83.
Pour un salarié en 2026, le calcul de base est : 10 % des revenus professionnels nets de l'année N-1, plafonné à 8 PASS (soit 35 194 € maximum). Pour un TNS, on ajoute 15 % du bénéfice compris entre 1 et 8 PASS, ce qui peut monter jusqu'à 87 135 €.
Bonne nouvelle : si vous n'avez pas utilisé votre plafond les 3 années précédentes, vous pouvez le rattraper. Cumulé, cela peut représenter 100 000 € à 200 000 € de capacité de versement déductible.
💡 Exemple concret
Cadre supérieur, 75 000 € de revenus en 2025. Plafond 2026 = 7 500 €. Si rien n'a été versé en 2023, 2024 et 2025 (plafonds 6 800 + 7 100 + 7 200 = 21 100 €), vous disposez en réalité de 28 600 € de capacité déductible en 2026.
2. Identifier votre TMI réelle (et marginale)
L'économie d'impôt = montant versé × TMI. Mais attention : c'est la TMI marginale qui s'applique, pas votre taux moyen d'imposition. Concrètement, si vous êtes à 41 % et que vous versez 10 000 €, vous économisez 4 100 € — pas 4 000 € (taux moyen ~30 %).
Le PER devient vraiment intéressant à partir d'une TMI à 30 %. En dessous (TMI 11 %), l'avantage fiscal est faible et l'assurance-vie reste souvent plus pertinente.
3. Définir votre montant cible
Trois règles simples :
- Ne jamais verser plus que votre plafond disponible — l'excédent ne sera pas déductible et restera bloqué jusqu'à la retraite. Une perte sèche.
- Conserver 6 mois de charges en épargne de précaution sur livret A ou LDDS avant tout versement PER. L'argent du PER est bloqué.
- Limiter le versement annuel à 15-20 % de vos revenus nets sauf cas particulier (TMI 45 %, épargne déjà importante, fin de carrière).
4. Versement unique en décembre ou mensualisation ?
Les deux stratégies sont valides, mais pas pour les mêmes profils.
Versement unique en novembre/décembre : idéal si vos revenus sont volatils (TNS, dirigeant, commission), si vous touchez une prime annuelle ou si vous voulez ajuster au plus juste votre déclaration.
Versement mensuel programmé : recommandé pour les salariés à revenus stables. Vous lissez la volatilité des marchés (DCA) et vous ne risquez pas d'oublier de verser avant le 31 décembre.
💡 Cas pratique
Salarié 60 000 €, TMI 30 %, plafond 6 000 €. Option A : versement de 6 000 € le 28 décembre = économie 1 800 € immédiate. Option B : 500 €/mois soit 6 000 € sur l'année, même économie d'impôt mais lissage du risque marché. Sur 20 ans, l'option B génère statistiquement +0,3 à +0,7 point de rendement.
5. Adapter au cours de l'année
Le PER autorise une grande souplesse : versements libres, possibilité d'ajuster ou de stopper librement sur les bons contrats. Faites un bilan en septembre : si votre revenu réel est inférieur aux prévisions, baissez le versement de fin d'année. À l'inverse, si vous touchez une prime exceptionnelle, vous pouvez verser jusqu'au 31 décembre pour bénéficier de la déduction sur l'année en cours.
FAQ
Peut-on verser plus que son plafond ?
Oui, mais l'excédent ne sera pas déductible. Sauf cas particulier (préparation transmission), c'est rarement intéressant.
Faut-il verser tous les ans ?
Non. Si une année votre TMI baisse (chômage partiel, congé sans solde), reportez votre versement à l'année suivante. Le plafond non utilisé est reportable 3 ans.
Quel est le minimum à verser ?
La plupart des PER en ligne acceptent un versement initial de 500 € à 1 000 € et des versements programmés à partir de 50 €/mois.